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Notre trek du Laugavegur: Introduction (1/5)

En 2015, c’est le choc. Je me sens vieux et pourtant je n’ai que 33 ans. Usé par un boulot où je passe trop de temps assis devant un ordinateur. Essoufflé par un quotidien qui ne me laisse plus une minute pour moi – je me revois encore étudiant à glandouiller sur le canapé, aaah la belle époque… Et puis assommé par les réseaux sociaux et une technologie omniprésente. Suis-je en train de partir en vrille? Une chose est sûre: j’ai grandement besoin de vacances. Mais pas des vacances classiques avec pour mots d’ordre se la couler douce sur la plage et siroter des mojitos matins et soirs. Plutôt des vacances qui sortent de l’ordinaire. Avec pour destination un lieu qui respire la nature. L’idée étant d’opérer une sorte de digital detox. Eteindre ce foutu smartphone pour de bon cette fois! Enfin, j’ai besoin de vacances pour me retrouver un peu avec Madame. Rien que nous deux. Nous avons la possibilité de refiler Super-Fiston à Mamie et Papi pendant les grandes vacances. Ça n’a pas été très difficile de les convaincre, vous imaginez. Encore merci à eux.

Bref, j’ai besoin de respirer un bon bol d’air frais et de partir à l’aventure. Notre choix de voyage s’est finalement porté sur l’Islande pour ses paysages et son fameux trek du Laugavegur. Un trekc’est voyager quelques jours (ou plus) en autonomie complète en pleine nature. L’activité parfaite pour me réconcilier avec moi-même. Décors qui en mettent plein la vue, performance physique, aventure et romantisme. Rien que Madame et moi, notre tente, la nature islandaise… et tous les autres trekkeurs. Nous avons choisi août pour notre voyage: en pleine saison, nous ne serons pas seuls, c’est certain!

Le trek du Laugavegur

Après plusieurs recherches sur internet, nous optons pour le trek standard, à savoir de Landmannalaugar vers Þórsmörk. Quatre étapes et 55 km de marche au total. Il est possible de le faire dans l’autre sens, à savoir de Þórsmörk vers Landmannalaugar, mais c’est un peu plus physique, le dénivelé étant défavorable.

Etape 1: Landmannalaugar Hrafntinnusker (12 km) / 470m
Etape 2: Hrafntinnusker Álftavatn (12 km) / -490m
Etape 3: Álftavatn Emstrur (Botnar) (15 km) / -40m
Etape 4: Emstrur (Botnar) Þórsmörk (15 km) / -300m

Il est aussi possible de marcher 2 étapes supplémentaires de Þórsmörk jusque Skogar pour les plus courageux, mais nous ne l’avons pas fait. Pour porter moins lourd sur les 4 premières étapes (compter 500g de nourriture par personne par jour). Et par manque de temps car nous souhaitons aussi découvrir la côte sud de l’Islande en voiture et passer quelques jours à Reykjavik. Et puis 4 jours de trek pour commencer, ce sera déjà pas mal. Et surtout, nous ne dormons pas dans les refuges sur le trek, mais sommes en camping tout le long. Donc s’il pleut comme vache qui pisse, il sera impossible de faire sécher nos vêtements et nous ne pourrons pas vraiment nous réchauffer. Si la météo ne joue pas le jeu, 4 jours de galères en outdoor suffiront donc amplement!

Pour ceux ou celles qui ont besoin d’un peu plus de douceur, il est donc possible de réserver des lits dans les refuges situés à chaque étape du trek: il est vivement conseillé de réserver à l’avance si vous voyagez en haute saison. Nous avons opté pour le camping parce que c’est moins cher et ça nous permettra de vraiment rompre avec notre confort quotidien. Nous monterons et démonterons la tente tous les jours. Nous la porterons. Sinon le camping sauvage étant interdit, tous les trekkeurs qui ont choisi de camper doivent planter leur tente aux emplacements prévus à cet effet près des refuges. Donc on est plus ou moins tous les uns sur les autres… Le côté romantique du trek, on oublie direct.

Un trek pas « facile »: ne pas lésiner sur l’équipement

Je vais être très direct: le trek du Laugavegur n’est pas un trek facile, même si on lit tout et n’importe quoi sur internet. Ce qui en fait sa difficulté n’est pas forcément le parcours à proprement parler (même s’il y a quelques bonnes montées et des gués glacials à passer), mais la météo. Pour vous refroidir d’emblée, nous avons vu une stèle en mémoire d’un trekkeur d’environ 40 ans mort pas loin du refuge d’Hrafntinnusker. Un jeune israélien de 25 ans est aussi décédé proche du refuge d’Hrafntinnusker, pris dans un blizzard en juin 2004 (il n’avait pas l’équipement adapté). En gros, il faut compter un ou plusieurs morts tous les deux ans. La météo est changeante et peut donc prendre par surprise, même en été. N’hésitez pas à lire les témoignages de Madame Oreille dans son billet « Islande: Laugavegur, notre trek loupé » – ou le récit d’un trekkeur qui a failli se choper une engelure (scroller jusqu’au passage « Uniterre – Arrivée au refuge » ). Bref, on savait tout ça avant de nous lancer: on a donc passé les cinq derniers mois avant le trek à acheter en ligne moult produits utiles (et inutiles) pour nous équiper correctement. Oui, nous nous sommes un peu ruinés. Vous trouverez une liste complète de mon équipement ici (en construction). Mais on ne rigole pas avec la sécurité, il faut mettre toutes les cartes de son côté pour faire face à la pire des situations.

Sinon il faut bien évidemment être en bonne condition physique. Mais pas besoin de s’entraîner « spécifiquement » pour ce trek en amont. Si vous le faites, c’est mieux, vous ne soufflerez pas comme un dingue en haut des collines (comme moi, et pourtant je ne fume pas) et le trek vous semblera d’une manière générale plus facile. Vous serez rapide et doublerez tout le monde – et vous aurez du coup les meilleurs emplacements pour planter la tente sur les différents campements.

Reykjavik: les derniers préparatifs

Arrivés en Islande, nous passons tout d’abord quelques jours à Reykjavik et finalisons notre équipement pour le trek. Il nous manque 2 bonbonnes de gaz (interdiction d’en transporter dans l’avion), une carte du Laugavegur, un nouveau K-way pour Madame car le premier acheté, un Salewa à 250 boules quand même, prend l’eau au niveau de la fermeture éclair… Il nous faut aussi des bâtons de trek que nous n’achetons pas mais louons chez Gangleri Outfitters. Je recommande d’ailleurs ce magasin car ils nous ont donné de bonnes informations sur le trek: nous sommes en août et la neige n’a pas entièrement fondu cette année – il y a encore une bonne couche au refuge d’Hrafntinnusker (le premier refuge où les trekkeurs passent la nuit en partant de Landmannalaugar). Vaidas, le gérant de Gangleri Outfitters, nous conseille de faire les deux premières étapes en une fois pour éviter d’avoir à dormir au refuge en question. Car ça caille vraiment là haut. Du coup nous planifions 24 km de marche pour le premier jour, de Landmannalaugar à Álftavatn. J’ai déjà mal aux pieds rien que d’y penser.

Puis, très important, nous vérifions la météo avant de nous lancer! Il y a un site sympa pour ça: yr.no. C’est un américain du shop Ffjalla Kofinn – où nous avons acheté nos bonbonnes de gaz – qui nous en a parlé. Il est fort possible que nous devions décaler le trek en raison d’une alerte tempête et de beaucoup de pluie en milieu de semaine. Finalement, nous chamboulons notre programme initial et décalons le trek de 5 jours à cause d’une météo vraiment pas terrible. Mais ce n’est pas grave, nous commencerons notre séjour par la visite de la côte sud de l’île en voiture, ce que nous prévoyions de faire initialement après le trek. On apprendra plus tard que les trekkeurs qui campaient en milieu de semaine sur le site Landmannalaugar ont du être évacués à cause de la tempête! Bref, c’est donc une excellente décision de décaler le trek – le temps est bien meilleur à partir du weekend. Nous croisons les doigts pour que ce soit le cas. Je me souviens des mots de l’Américain du shop Ffjalla Kofinn

Never trust the weather forecasts in Iceland

Malgré tout, même si les prévisions ne sont pas à 100% fiables, on peut distinguer clairement des tendances. Donc si vous prévoyez de faire le trek, un conseil: soyez flexibles concernant la date de départ, pour pouvoir l’avancer ou la reculer en fonction des prévisions météo.

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